La super production de Square Enix vient de faire sa sortie en grande pompe en Europe sur PS3 et, contrairement, au pays du soleil levant, sur Xbox 360. Attendu au tournant, le treizième épisode de Final Fantasy n’a pas manqué de susciter de nombreuses questions. Levons à présent le voile sur ce qui s’annonce comme le RPG de l’année !
Quelle est réellement la qualité intrinsèque de cette treizième fantaisie finale ? RPG inintéressant ou revirement réussi ? Comment définir cette ambitieuse production ? Nombreuses sont les interrogations concernant le titre phare de Square Enix. Ce test vous éclairera donc sur les qualités et les points noirs de ce FF qui ne manque pas de diviser.

Réalisation
De ce coté, Square Enix a mis les petits plats dans les grands. Tout est magnifiquement réalisé !
Tous les décors que nous parcourons pendant l’aventure se révèlent être d’une beauté éblouissante.
Les jeux de lumières, les effets visuels… tout est somptueux.
Les superlatifs manquent pour bien décrire la qualité graphique du titre !
Le jeu débute d’ailleurs par une introduction époustouflante mettant en scène les différents protagonistes dans le début de leurs aventures.
Puis enfin, nous prenons le contrôle de Lightning, l’héroïne principale, et là, c’est la baffe !
L’animation est surprenante de réalisme et l’ambiance dans les premières secondes de jeu nous donne un aperçu aguicheur de ce que peut être la quête de ce FF.
Au fil des heures passées, nous passons d’émerveillements en émerveillements.
Quasiment tous les environnements visités sont superbes et il n’est pas ridicule de poser sa manette quelques minutes pour admirer un paysage remarquable.
L’ambiance sonore est également de très grande qualité.
Les compositions de Masashi Hamauzu (Final Fantasy X, Front Mission…) sont tantôt guillerettes, tantôt intenses, mais elles collent toutes parfaitement à l’ambiance dans laquelle nous nous trouvons.
Finalement, seuls quelques petits bémols pourront gêner les joueurs les plus exigeants.
En effet, l’animation des autres héros n’est pas toujours parfaite, et par moment, il sera possible de distinguer une pointe d’aliasing (scintillement).
A part ces quelques détails, Final Fantasy XIII s’impose sans difficulté comme le plus beau jeu dans un univers héroic fantasy.
A noter toutefois que la version Xbox 360 révèle par moment quelques petits ralentissements et un poil moins de finesse que la version PS3.

Les personnages
Aïe ! Sur ce point, les avis seront bien plus critiques.
Déjà, les noms des héros frôlent le ridicule, surtout si on prend le malin plaisir à les traduire : Neige (Snow), Lumière (Light), Espoir (Hope), Vanille (Vanille)…
Bon, on commence à connaître l’affection de Square Enix pour les prénoms à double sens (on se rappelle notamment de Cloud / Nuage dans le mythique FFVII) mais il faut bien avouer que les héros perdent énormément de crédibilité dans cette aventure.
La manie maladive de Square Enix à nous faire incarner des personnages bien niais, naïf et de 5 ans d’âge mental devient également bien barbante…
Pour résumer, vous aurez en face de vous les plus gros stéréotypes que Square Enix a pu nous pondre : Le héros blondinet qui a « trop la classe », la petite fille niaise mais (presque) philosophique, le gamin orphelin, l’afro trop rigolo endurci par la vie…
Alors, que les personnages de RPG manquent de plus en plus d’originalité et souvent de profondeur passe encore, mais tant de clichés dans un même jeu, on peut arriver rapidement à saturation.
Évidemment, chacun pourra s’attacher à ces héros, mais force est de reconnaitre qu’ils risquent de ne pas faire l’unanimité, loin de là.

Scénario
Surprenante, l’histoire de ce Final Fantasy est vraiment surprenante.
On commence à peine à prendre le jeu en main que déjà, nous nous retrouvons embarqués dans un conflit entre le gouvernement en place et des résistants.
Nous débutons avec Lightning et l’afro Sazh, infiltrés dans un train de déportés que nous devons de stopper.
Assez complexe, la trame scénaristique ne révèle que très peu de détails sur l’environnement dans lequel nous allons nous plonger.
Les L’Cies sont des « élus » désignés par les Fal’Cies, des entités supérieures, afin de réaliser une tâche.
Pour cela, les L’Cies disposent de pouvoirs permettant entre autres d’invoquer des Eidolon.
Ces L’Cies provoquent une peur bleue auprès des êtres « normaux » et sont donc pourchassés et déportés par l’armée de Cocoon vers Pulse, le « Bas-monde » primitif et dangereux.
Le scénario ne révèle ses secrets qu’au compte goutte au fil des heures, mais ces gouttes suffisent à nous tenir en haleine.
L’apparente complexité du contexte, notamment dans les premières heures de jeu, pourra rebuter, mais dès que l’on commence à comprendre les implications de chacun dans cette lutte, l’histoire devient vraiment accrocheuse.
Finalement, le scénario de Final Fantasy XIII, bien qu’assez complexe, est de très bonne qualité et ce malgré des personnages qui cassent un peu l’ambiance générale du soft.

Gameplay
Le point qui divise sans aucun doute le plus, et pour cause.
L’orientation générale du titre, et plus particulièrement au niveau de Gameplay est très clairement tournée vers les « Casual Gamers ».
Les fans de RPG purs et durs s’en trouveront donc déstabilisé.
Nous allons commencer par un focus sur le système de combat.
Par équipe de trois personnages, nous combattons des monstres plus ou moins hideux en semi tour par tour.
Une jauge ATB (pour Active Time Battle) se remplie et permet une fois pleine de réaliser une ou plusieurs actions (Attaques, Soin, Invocations…).
Les ennemis, outre leur habituelle barre de vie, disposent d’une barre de choc qui, lorsqu’elle est remplie suite aux attaques alliées, permet d’effectuer des attaques dévastatrices sans que l’ennemi ne puisse broncher.
Durant ces combats, nous ne contrôlons que le leader de notre équipe, les autres étant manipulés par l’IA du jeu.

Ce qui est sans doute le plus déstabilisant dans ce FF est que la montée de niveau des personnages n’existe plus.
Afin de faire progresser ses héros, il existe différents moyens.
Il est possible de faire monter de niveau ses armes et ses accessoires en les fusionnant notamment aux objets récupérés pendant les combats.
Pour gagner des capacités, le meilleur moyen est de se servir du Cristarium, un simili du Sphérier de Final Fantasy X mais beaucoup plus simpliste et dirigiste.
Les combats, bien que n’apportant aucun point d’expérience, permettent de gagner des objets et des « points de compétences » (PC) afin de progresser dans le jeu.
Les invocations sont évidemment de nouveau de la partie.
Très originales tant dans leur obtention que dans leur utilisation, les invocations apportent une touche de folie dans des combats qui deviennent de plus en plus ternes au fil des heures.
Le Gameplay du titre, bien que de qualité, peine à convaincre les joueurs les plus expérimentés mais reste tout de même de bonne facture.
Au niveau de l’évolution générale du jeu, les points de vue risquent également de beaucoup diverger.
Extrêmement linéaire et dirigiste, l’exploration des environnements, bien que somptueux, sont d’un ennui énorme.
Durant de très (trop) nombreuses heures de jeu, nous avons littéralement l’impression de parcourir un couloir, beau certes mais tellement ennuyant.
Aller tout droit dans un décor superbe sans pouvoir explorer pleinement le terrain proposé a quelque chose d’horriblement frustrant pour les voyageurs vidéoludiques que nous sommes.
Bref, Final Fantasy XIII propose un long couloir magnifique parsemés de nombreux combats intéressants mais finalement assez restrictifs… heureusement, l’IA du jeu, plutôt bien pensée, permet de rattraper le manque de liberté dans les affrontements.

Durée de vie
Quelle est la durée de vie de la production de Square Enix ? Mi-figue mi-raisin je dirais.
La quête principale se terminera en une cinquantaine d’heures environ.
Objectivement, il s’agit d’une durée de jeu plus qu’honorable même si elle doit être nuancée car les scènes cinématiques, très nombreuses, gonflent la durée de vie réelle du titre.
Une cinquantaine d’heures globalement pour boucler le jeu une première fois, c’est quand même plus que les productions actuelles du même éditeur.
Le problème est que je me pose encore cette question : Où sont les quêtes annexes ?
Et oui, vous l’aurez compris, ce sont les grandes absentes de ce Final Fantasy. Enfin, presque !
En effet, au bout des trois quarts du jeu, nous avons accès à la seule et unique quête annexe du jeu : une chasse aux monstres (tiens, ça me rappelle quelque chose !).
Une 60aines de missions de chasses est disponibles permettant au titre d’atteindre difficilement les 70 heures globales de durée de vie.
Finalement, c’est donc une durée de vie principale plus que satisfaisante que nous offre Square Enix, mais assez faible si l’on souhaite avoir les quelques secrets du jeu.
Attendons nous (et surtout, espérons) donc au fil des semaines et des mois à voir sur le PSN et le Xbox Live en téléchargement des quêtes annexes qui viendront enrichir un soft assez pauvre (et les comptes de la firme japonaise).

Bilan général
Final Fantasy XIII ne manque pas de diviser les joueurs et cela n’est vraiment pas étonnant.
La main tendue de Square Enix vers les « Casual Gamers » sonne aux oreilles des joueurs les plus expérimentés comme un désamour total.
Ainsi, c’est un jeu « à l’hollywoodienne » que nous propose la firme nipponne.
Des graphismes à couper le souffle, des effets somptueux, une histoire très bien foutue et des personnages pour tous les gouts, FFXIII fait dans le consensuel et le fait bien.
Reste que le système de combat peine à convaincre sur la durée si ce n’est les invocations qui apportent la touche d’originalité qui manque au titre.
De plus, la linéarité, l’absence de réelles de quêtes annexes et le coté abusivement dirigiste du jeu en général va en énerver plus d’un, et c’est compréhensible.
En bref, nous avons là un bon RPG qui trouvera sans peine son public, apportant aux jeux de rôle ce que la Wii apporte au jeu vidéo en général, avec tous ses inconvénients.
Reste à savoir à présent si les autres titres du projet « Fabula Nova Crystallis », notamment le très prometteur Final Fantasy Versus XIII sur PS3, apporteront ce qui manque à FFXIII !
















Le Grand Blond: Snow Villierz
Le Noir avec un chocobo: Sazh Katzorki
La Fille aux cheveux Rose: Lightning (vrai nom inconnu au debut du jeu)
L’adolescent: Hope Estheim
La fille aux cheveux Noirs: Oerba Yun Fang
La gamine: Oerba dia Vanilla